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Regards
furtifs sur le martyre de saint Sébastien 1990 |
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Dans
la nature chaque étape de la vie est un instant de survie, mais
cela ne nous concerne plus, nous sommes d’anciennes traces de cet
état. Subsiste une cohabitation difficile dans laquelle nous pensons
naïvement dominer. Nous le faisons mais dans un provisoire évident. L’homme éclairé lutte depuis longtemps contre cette idée qu’il faille une victime et il essaie d’aménager sa vie dans la solidarité et non dans le déchirement. La nature n’a pas ces préoccupations, son équilibre chaque jour est remis en cause. J’ai pu le constater en m’intéressant à un élément prédateur, les lianes. Elles ne doivent leur épanouissement qu’à des tuteurs qu’elles enserrent pour aller toujours plus loin. Progressivement elles les étouffent et en font des cadavres. Mais comme la nature n’est pas régie par des lois formelles cela se termine par un chaos dans lequel il n’y a ni vainqueur ni vaincu mais des éléments vivants essayant de prendre possession d’un espace vital. Ce fut mon plaisir de reconstituer un certain ordre dans ce désordre apparent et d’en faire un espace en soi. |